(sans l'ombre d'un doute)

lundi 20 avril 2020

Drogues et méditation


Drogues et méditation ne sont absolument pas incompatibles. Je le sais d'expérience. Du reste il en a toujours été ainsi sur tous les continents et dans la plupart des cultures.En Inde nombre de saddhus fument de l'herbe, c'est bien connu. Les chamans amérindiens prennent de l'ayahuasca.Les plantes sacrées, initiatiques (voir L'Herbe du diable et la petite fumée de Castaneda), on les appelle enthéogènes ["substance psychotrope induisant un état modifié de conscience utilisée à des fins religieuses, spirituelles ou chamaniques"]. Voir également Michaux et la mescaline, ou encore "Les portes de la perception", d'Aldous Huxley. La psilocybine des champignons magiques permet l'accès à des plans de conscience inouïs, merveilleux - fusion dans le cosmos, empathie avec la totalité des êtes, contemplations mystiques.Ces plantes magiques, je les ai toutes expérimentées. C'est une des rares choses où je me sois montré ambitieux, entreprenant, profondément motivé, passionnément curieux, plein de la curiosité de l'explorateur. Ça et la méditation, le pranayama, l'écoute contemplative, zazen et la grande immobilité alerte
Il ne s'agit pas de religions. Les religions et les croyances ne m'intéressent pas. Seul ce que relève de l'expérience et de la présence m'intéresse. (Comment voit-on le monde ? Qu'est-ce qu'un corps ? Qu'est-ce que "moi" ? Où comment-il, où s'arrête-t-il ? Qu'est-ce que le temps, la durée, l'espace ? Une représentation ? Quand et comment se dissout-elle ? etc.).
NB : L'agitation mentale est la plus puissante des drogues, la plus pauvre et la plus addictive. Le silence de la méditation permet de le réaliser. Sinon, à défaut, les drogues permettent de goûter temporairement à ce silence. Il est alors conditionné. La moindre des sagesses est de comprendre assez vite qu'il est préférable de revenir naturellement au silence. Les drogues n'ont été qu'une étincelle pour un feu qui doit prendre avec d'autres moyens.