jeudi 19 octobre 2017

Satori





Voyez-vous l'objet en relief qui se trouve au centre de cette image ? Oui ? Non ? (C'est aussi énorme que le nez au milieu de la figure.) Je ne vois pas meilleure façon d'évoquer l'émergence subite de la présence (ce qu'on peut appeler le satori) : un soudain changement de focale qui provoque un basculement de perspective.

Tout d'abord on ne voit rien — tout est embrouillé, la conscience est confuse, bruyante, dispersée. Puis on nous informe qu'il se tient là quelque chose à découvrir — c'est l'invitation à trouver par soi-même. On cherche — on fait un effort pour trouver, on se fatigue, on s'exaspère. Et puis d'un coup, l'image en 3D apparaît. C'est magique. Elle était là mais on ne la voyait pas. Maintenant qu'on l'a vue, il semble qu'on ne puisse pas ne plus la voir. Pourtant, en un instant, hop, elle disparaît à nouveau. Mince alors. On sait maintenant qu'elle est là, qu'il suffit d'un rien pour la retrouver, mais on ne sait plus comment s'y prendre. 
L'image plate et confuse du départ, c'est la vision ordinaire du réel  (ou plutôt de la réalité) : indifférence — on bâille, on somnole, on s'emmerde un peu dans la grisaille. L'invitation, c'est quand on croise un type informé. L'effort pour trouver, c'est la laborieuse et très frustrante recherche spirituelle. La vison soudaine, c'est l'éveil, le satori. La perte de la vison, c'est la nuit noire de l'âme. Les retrouvailles avec la vision, c'est les retrouvailles avec soi-même (le retour à la maison après des siècles d'errance). 
Oui, décidément cette métaphore est excellente.

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mercredi 11 octobre 2017

Une prière


S'il fallait une prière : "Emmène-moi de l'irréel au réel."
(emmène-moi de l'agitation à la présence)


mardi 10 octobre 2017

Dis-moi...





« Pensé hier : l'abondance d'écrits est une calamité. Pour s'en débarrasser, il faudrait ériger en coutume qu'il soit infamant de publier de son vivant — seulement après la mort. Combien de déchets se déposeraient et quelle eau pure coulerait ! »

Tolstoï (1889)
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Tant qu'on n'est pas fatigué du cinéma intérieur, tant qu'on y prend encore du plaisir, tant qu'il continue à nous exciter IL NE S’ARRÊTERA PAS. Il a besoin de notre complicité pour se poursuivre. Retirez cette complicité, pof, il s'arrête aussitôt. (Que reste-t-il alors ?)






lundi 9 octobre 2017

Cristal vibrant

Je suis athée (je ne crois en rien, pas même en l'ego), pourtant la spiritualité occupe une grande place dans ma vie. J'ai besoin de me nourrir en profondeur. J'aime ce qu'on appelle "la présence". J'aime faire des bons bains de présence. J'aime écouter le silence. J'aime sentir la vie non personnelle. J'aime l'attention portée aux choses, aux objets, aux phénomènes subtils comme le frémissement du vent, les jeux de la lumière, les couleurs, les sons, l'expérience sensorielle, les états modifiés de conscience, la transe, la joie sans objet, le calme olympien, l'absence de toute occupation, l'absence à moi-même, etc.
Il ne faut pas laisser la spiritualité aux religions. Associer spiritualité et religion (abandonner la spiritualité aux religieux), cela fait notamment le lit des extrémistes — qui se disent que si on ne croit pas en dieu alors on n'est rien que de la viande avec un cerveau qui ne pense qu'à gagner du fric pour se divertir.
Faut-il rappeler que la spiritualité est également la grande affaire de l'art non religieux ? Voyez Chardin, Monet, Cézanne, Rothko, Beuys,... Les notions de présence, d'ouverture, de souffle, d'inspiration et même d'aura (cf Walter Benjamin) ne sont pas la propriété exclusive des religions.
Un verre en cristal qui chante quand on le fait vibrer délicatement, ce n'est pas un phénomène religieux ou ésotérique ! Je chante assez faux mais j'aime vibrer.
(Cela dit j'ai le plus grand respect pour toutes les traditions religieuses.)

mardi 3 octobre 2017

Salut !


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Comme mes parents ne répondent pas (pour une fois que je les appelle...), je vais donner ici le résultat de l'échographie que j'ai faite ce matin. Entre nous, une échographie, jusqu'ici, je pensais que c'était uniquement réservé à l'observation des fœtus. Mais là c'était une "échographie de la coiffe des rotateurs" - autant dire, rien à voir -, réalisée avec un écho Doppler Couleur pulsé SIEMENS S 3000 (mes parents sont friands de ce genre de précisions). J'ai poireauté une bonne heure à côté d'un nerveux qui sentait la cigarette froide, mais l'examen en lui-même n'a pas duré plus d'une minute (je n'ai même pas réussi à croiser le regard du praticien). Il en est tout de même ressorti que je souffre d'une "tendinopathie chronique inflammatoire substrat épineux se [sic] gauche en voie de calcification avec une fissuration de la face articulaire sans solution de continuité transfixiante de la coiffe des rotateurs". A mon avis, rien de grave. Si j'arrête quelque temps le yoga et la masturbation, tout devrait rapidement rentrer dans l'ordre.




lundi 25 septembre 2017

Positivement personne




Même Duras le dit, mon amour : "Cet état privilégié de n'être pas... quelqu'un. C'est-à-dire être positivement personne." (entretiens, 1980)